(Autour de l’Usine Renault de Boulogne Billancourt - Ile Seguin)
Henri Benoist, dessinateur technicien d’outillage, rentré chez Renault en 1950, militant syndical de la Confédération Générale du Travail (CGT), un temps au syndicat Force Ouvrière (FO), membre du Parti communiste International (PCI), passé par le Parti socialiste unifié (PSU), engagé avec sa femme Clara dans l’ensemble des luttes sociales et politiques sur "Billancourt" dès leur entrée
Georges Hufschmitt, ingénieur chez Renault à la même époque, syndicaliste CGT
Areski Amazouz, ouvrier, entré chez Renault plus tardivement en 1972, responsable syndical CGT, aujourd’hui responsable de l'Association des Travailleurs de l’Ile Seguin (Atris) ayant pour objectif de garder trace de toute cette histoire sociale née autour d’un lieu emblématique, aujourd’hui démoli.
Dans l’une des boucles de la Seine, à la sortie de Paris, au Sud-Ouest, dans l’ancien village de Billancourt, s’est développée durant près d’un siècle l’usine Renault-Billancourt, fermée en 1992.
Pour les Parisiens et toute la France, cette usine garde une place particulière, par son gigantisme, son nombre d’employés - entre 35 000 et 40 000 au plus fort de sa production - et la place qu’elle a prise très tôt dans les mouvements de revendications sociales et politiques.
L’Usine Billancourt avec ce grand "paquebot", fait d’immenses hangars hétéroclites, juché sur l’Ile Seguin, renvoie ainsi au développement industriel en France au début du XXème siècle traversé par les deux guerres mondiales qui s’accompagne de la mise en place du travail à la chaîne, et représente le lieu de tous les combats, ouvriers, syndicaux, politiques mais également les luttes pour les mouvements d’indépendance des ex-pays coloniaux, au premier chef desquels l’Algérie. Cette immense organisation industrielle, cette effervescence militante, ces luttes, ces acquis obtenus pied à pied, Henri, Georges et Areski nous en parlent.
A travers notamment l’Association des Travailleurs de l’Ile Seguin (Atris), au-delà des bâtiments aujourd’hui disparus, sans beaucoup d’égard vis à vis de cette mémoire, c’est cette richesse humaine qu’ils veulent transmettre, cet engagement.